30/30 IMPUISSANCE ?
 
Nous autres, occidentaux, sommes pris dans un paradoxe. A la fois, nous avons la connaissance de ce qu’il se passe partout sur la terre. Nous savons les atrocités qui se déroulent ici et là. Nous connaissons les noms des bourreaux. Nous contribuons parfois à les élire. Nous avons conscience du mal qui est fait à nos semblables, et à la nature. Et à la fois, nous sommes impuissants à changer le cours de l’Histoire. Nos partages sur les réseaux, nos manifs, nos élans du coeur…que valent-t-ils, face à des massacres ?
 
On pourrait dire qu’ils ne valent rien, et tomber dans les bras du désespoir. Cet amant dévorant, qui ne nous veut pas de bien.
 
Mais, si on cherche à être dans la Vie, et c’est peut être notre seule « mission » sur terre…il faut apprivoiser le paradoxe. Un paradoxe ne se résout pas. Si l’ont supprime un axe du paradoxe, c’est le clivage : je deviens follement toute puissante, ou je meurs de mon impuissance.
 
Il faut accepter le paradoxe, premièrement. Et ensuite, chercher à le contenir. S’exercer à accueillir désespoir et espoir, conjointement. Je ne peux rien pour ces gens, petits et grands, qui souffrent. Mais un peu de moi souffre avec eux. Se souvient d’eux. Et, de ma petite vie, je ferai tout ce que je peux pour aider des gens qui souffrent. Et je m’aiderai moi. Et je n’oublierai pas. Je serai la sentinelle, qui ne s’en laisse pas compter. Je marcherai sur le chemin de la vie, sans oublier la mort.
 
Les émotions vont et viennent, à la façon de l’eau. La fluidité me permet de les laisser circuler, tout en les accompagnant. Etre avec. Toujours à partir de cet espace contenant qu’est le corps.
 
Un corps qui danse, c’est un flux d’émotion.
Un corps qui danse, c’est une puissance qui chante
Un corps qui danse, c’est une lumière dans la nuit.
 
Soyons ces corps qui dansent, au stage CHEMINS DE TRAVERSE, ou ailleurs.
24/30 LE COURAGE D’ESSAYER
 
Ce n’est pas rien de sortir de ses plates bandes.
Quitter son chez-soi et le familier
Laisser son téléphone et ses clés
Pour aller danser avec des inconnus !
 
Le premier pas est souvent le plus difficile
Car il est celui dans l’inconnu
Source de mes peurs et de mon espoir
Celui d’une vie moins solitaire
Où le sens revient.
Lui qui fut longtemps captif d’une fable.
 
J’aurais plaisir à te connaître
Dans le mouvement
Rejoins nous, si tu veux
Il est temps.
16/30 REVER
Il suffit parfois d’un rêve pour changer sa vie. Le monde du rêve est le même que celui des mythes, des contes et des fables ; un univers d’affects, de symboles et de représentations qui vient traduire ce qu’il existe de plus profond dans le grand Nous de l’espèce, et peut être du vivant. C’est pour cela qu’il me faut prendre au sérieux mes rêves, les écouter et leur donner leur place. Mais le rêve peut se faire idéal, et l’idéal peut se faire idéologie. Dès lors, le rêve n’est plus un aqueduc qui vient abreuver le réel. Certain de se suffire à lui-même, il devient une île. Et nous nous félicitons d’être là, de changer le monde, de détenir la vérité. Je nous souhaite de conserver un pied dans le rêve, et un pied dans le réel. Pour être à pied joint dans la Vie !
 
10/30
SE DEVOILER
La rencontre est un dévoilement. Au début, je ne suis qu’un étranger pour toi, pour elle, pour eux. La distance m’apporte une certaine sécurité et surtout elle me laisse le choix de m’approcher ou de rester à distance. La danse est une manière ludique de se rencontrer, mais pas seulement. Elle est aussi un langage du vivant qui nous offre une infini palette pour faire connaissance : avec ordre ou chaos, dans le jeu ou dans la profondeur, dans le mimétisme ou dans l’opposition. Peu importe la voie que nous suivons, elle laisse toujours la place à un dévoilement, et c’est heureux.
4/30
FAIRE ENSEMBLE
J’adore surfer sur internet, trainer sur le canapé, lire des bouquins et des revues, discuter longuement et refaire monde. Mais j’ai aussi vitalement besoin de faire, grâce à ce corps fantastiquement capable de mouvement que la vie m’a offert . Nous sommes des êtres singuliers et pourtant semblable. Et quand nous nous réunissons, quelque chose se passe. Nous devenons plus que la somme de nos individualités ! Nous devenons un groupe. Et dans ce groupe, les forces de vie s’invitent et s’intensifient. De quoi s’offrir du kiff, du partage, de la profondeur et de la légèreté !