
Nous autres, occidentaux, sommes pris dans un paradoxe. A la fois, nous avons la connaissance de ce qu’il se passe partout sur la terre. Nous savons les atrocités qui se déroulent ici et là. Nous connaissons les noms des bourreaux. Nous contribuons parfois à les élire. Nous avons conscience du mal qui est fait à nos semblables, et à la nature. Et à la fois, nous sommes impuissants à changer le cours de l’Histoire. Nos partages sur les réseaux, nos manifs, nos élans du coeur…que valent-t-ils, face à des massacres ?
On pourrait dire qu’ils ne valent rien, et tomber dans les bras du désespoir. Cet amant dévorant, qui ne nous veut pas de bien.
Mais, si on cherche à être dans la Vie, et c’est peut être notre seule « mission » sur terre…il faut apprivoiser le paradoxe. Un paradoxe ne se résout pas. Si l’ont supprime un axe du paradoxe, c’est le clivage : je deviens follement toute puissante, ou je meurs de mon impuissance.
Il faut accepter le paradoxe, premièrement. Et ensuite, chercher à le contenir. S’exercer à accueillir désespoir et espoir, conjointement. Je ne peux rien pour ces gens, petits et grands, qui souffrent. Mais un peu de moi souffre avec eux. Se souvient d’eux. Et, de ma petite vie, je ferai tout ce que je peux pour aider des gens qui souffrent. Et je m’aiderai moi. Et je n’oublierai pas. Je serai la sentinelle, qui ne s’en laisse pas compter. Je marcherai sur le chemin de la vie, sans oublier la mort.
Les émotions vont et viennent, à la façon de l’eau. La fluidité me permet de les laisser circuler, tout en les accompagnant. Etre avec. Toujours à partir de cet espace contenant qu’est le corps.
Un corps qui danse, c’est un flux d’émotion.
Un corps qui danse, c’est une puissance qui chante
Un corps qui danse, c’est une lumière dans la nuit.
Soyons ces corps qui dansent, au stage CHEMINS DE TRAVERSE, ou ailleurs.

Le temps n’est pas un. Le temps est multiple. On le voit bien : certains moments s’étirent sans fin, et d’autres filent comme le vent.
Enfant, j’adorais la lenteur de l’été. Les journées passées à la maison, à ne « rien » faire : lire, me balader avec ma soeur, aller au vidéoclub… et voilà. Il n’y avait pas de rendez-vous, pas d’impératifs ni de réveil qui sonne. La joie pure et simple de l’éternité.
Aujourd’hui, j’ai changé ! J’ai peur de m’ennuyer, je remplit l’agenda et j’en veux toujours plus. Alors je pense à la petite Louise, qui aimait tant ralentir, et je m’applique à lui ressembler un peu. Parce que le ralentissement change une chose, et une chose fondamentale : la qualité de ma vie. J’en fais moins, peut être, mais tout est plus savoureux.
Il existe un temps linéaire, qui dicte ma vie. L’heure qu’il est, le jour et le mois, les rendez-vous qui s’enchaînent… et il existe un temps cyclique, celui du rituel, celui des mythes. C’est le temps révolutionnaire de Deleuze, qui me permet de sortir de mes conditionnements pour devenir véritablement un corps, et me réinventer. Peut être que la santé réside dans la capacité de pouvoir alterner entre ces deux temporalités ? Une sorte d’alliance entre le Faire et l’Etre, qui s’alimentent mutuellement.
Tu viens passer le temps avec nous cet été ?

Technique pour faire passer le hoquet : répéter QUATORZE en boucle, juqu’à ce que ça passe. Où est-ce TRENTE HUIT ?
Ca a tendance à moins marcher quand on s’y est préparé. Comme le coup de faire peur ! Et d’ailleurs, est-ce que cette technique a jamais fonctionné ?
On pourrait en conclure que nous ne sommes qu’esprit. Si je suis préparée à quelque chose, cela ne m’atteindra pas. Mais crois moi, quand le hoquet dure, tu ne peux plus te voiler la face : le corps compte aussi.
En tout cas, nous étions quatorze à danser ce samedi pour la première séance de Biodanza à Thiers. Première séance de tous les temps ! (à ma connaissance !). Et personne n’as eu le hoquet.
Un groupe régulier (sans doute hebdomadaire) verra le jour bientôt.
C’est du boulot, et l’esprit n’y suffit pas toujours. Mais, pas besoin de répéter les chiffres ou de se faire peur…à un moment, ça fonctionne. Et de ces petits pas naissent les grandes danses.

L’esprit, par définition, ne pèse rien. Il est libre. Toutes les ressources de l’imagination s’offrent à lui afin d’expliquer, de justifier et de donner sens à ses expériences. Plus j’approfondis ma perception intérieure, plus je descend : d’abord dans mes émotions, dont l’intelligence n’est pas établie. Les émotions jaillissent, par réflexe, conditionnement, ou tout du moins en réaction à des stimulis. Elles passent et repassent, et je choisis de les suivre ou d’y résister, selon les situations. Encore plus profond, se trouvent mes tripes. Ce que je sens dans mon ventre : l’instinctif, le pulsionnel.
C’est dans cet espace que se trouve mon plus grand moteur. Parce que le corps ne ment pas. La matière résiste. Elle fait loi. Elle ne peut être contournée, ou pas longtemps. Et dans tout le brouhaha de ce que je peux me raconter, la vérité jaillit parfois en un éclair, du plus profond de mon ventre : c’est un grand NON, c’est un franc OUI, c’est ce qui ne triche pas. Et si je parviens, ne serait-ce qu’un peu, à suivre ses messages, j’augmente drastiquement mes chances d’être en cohérence avec ce qui m’anime vraiment. Et alors, ma vie peut changer.

Le nouje, néologisme inventé pour l’occasion, c’est la capacité d’être pleinement soi dans le groupe, et celle d’accepter pleinement l’autre dans un groupe. On dirais, « j’ai pas été trop dans le nouje aujourd’hui ». Ou même, « on nouje cet après-midi ? »
La vie des groupes est, par définition, amplificatrice de tout. C’est parce que quelque chose de ma subjectivité s’y identifie. Et donc, mes affects se démultiplient. La joie est INTENSE. Le désagréable est TERRRIBLE..
L’extraordinaire puissance du groupe se ressent quand tout le monde agit de concert. Quelle belle sensation de puissance quand nous marchons dans la même direction. Oui mais… on peut marcher dans la même direction pour détruire ! Le pire et le meilleur sont nés de ces marches… alors, il est nécessaire de pulser entre appartenance et solitude. Pour cela, l’originalité de chacun doit être reconnu, et la conflictualité doit pouvoir se traverser.
« de la tribu à l’envol », le sous-titre du stage d’été, évoque ce processus : le nous indifférencié, primitif, puis la croissance personnelle et enfin se retrouver, à la façon des oiseaux qui partent expédition. On va noujer ensemble, en gros

Contrairement à ce que cette photo laisse penser, notre participation à la randonnée festive, artistique et joyeuse organisée par Bassines Non Merci 63 fût brève. La chaleur, l’enfant de 18 mois et l’agoraphobie ne nous permirent pas de nous attarder ! On était plus dans l’art-ivisme et que dans l’act-ivisme…certes. Cependant, dans mon bout de regret de n’en pas faire plus, je me disais que c’était déjà bien d’être là. Participer à minima, à la hauteur de nos moyens, et surtout se gonfler le coeur d’espoir un coup en voyant ces milliers de personnes qui avaient répondues présent. Sans doute que le temps à venir seront durs, et violent, ils le sont déjà, MAIS le génie humain est toujours à l’oeuvre. Et l’important, c’est de participer.

Ce n’est pas rien de sortir de ses plates bandes.
Quitter son chez-soi et le familier
Laisser son téléphone et ses clés
Pour aller danser avec des inconnus !
Le premier pas est souvent le plus difficile
Car il est celui dans l’inconnu
Source de mes peurs et de mon espoir
Celui d’une vie moins solitaire
Où le sens revient.
Lui qui fut longtemps captif d’une fable.
J’aurais plaisir à te connaître
Dans le mouvement
Rejoins nous, si tu veux
Il est temps.

Le monde est si vaste, et je suis si petite. Un animal perdu dans l’infini. Les livres, le numérique, me donnent accès à un savoir illimité, que je ne pourrai jamais attraper tout entier. Petite, je rêvais d’être omnisciente. Et de parler toutes les langues… je voulais tout voir et tout connaître. Mais c’est impossible, me répondait les adultes…
Et pourtant, cet infini existe en moi aussi. Par les symboles et les archétypes, je peux convoquer les forces de la natures et de culture. Par l’empathie et l’imagination, je peux commencer à saisir des mondes qui me sont en apparence étranger.
Interrogé sur la magie des jeux de rôles, où l’on se retrouve parfois à dire des choses que la personne qu’on représente aurait dite, ou à être traverser par des vérités qu’on aurait aucun moyen rationnellement de connaître, Marshall Rosenberg (créateur de la communication non violente) répondit : « ça marche, parce qu’à un endroit, on est tous tout le monde ».
On est tous tout le monde. Un peu. Quelque part. C’est cette appartenance qui nous sauve de la solitude, de la perte et de la mort. Je peux traverser tout cela, parce que je sais quelque part que la vie bat toujours, et qu’elle se transmet au delà de ma simple existence.
Quand je danse, je ne suis jamais seule.

Le réel me percute, par les sensations qu’il me procure
Et par mon mouvement, je prend place en lui
Par mes émotions et mes mots
Je donne du sens à ces sensations
Je contiens et je transforme
Je laisse circuler et j’exprime
Rythme qui me permet de m’ajuster avec toi
Fluidité pour me couler dans les invitations de l’instant
Des oui et des non qui dansent
Dans l’ombre et la lumière
Je sens, donc je vis.

Le symbole, nous dit le dico, est un objet qui par sa forme ou sa nature représente quelque chose qui est absent ou abstrait. Je te fais cadeau d’une petite pierre qui représente notre amitié. J’arbore fièrement le logo de mon équipe de foot préférée, pour marquer mon attachement à celle-ci…
La symbolisation, en psychologie, c’est la capacité à relier ensemble mes sensations, mes ressentis, mes pensées et ce qui m’arrive de l’extérieur pour y mettre du sens. Sans cela, nous serions perdu dans un grand blougi-blouga de trucs qui se passent, sans aucun sens.
Recevoir le monde, le prendre en moi, lui donner du sens, et exprimer ce sens par le mouvement, les gestes, les mots. Telle est la respiration de la psyché, la musique de l’âme. Les gestes qu’on réalise, dans la danse, sont en cela bien plus que de simples mouvements. Ils évoquent, symboliquement, toute notre vie. Le rythme évoque notre capacité d’ajustement au réel, de rencontre. La fluidité évoque notre habileté naturelle à l’adaptation, à l’harmonie. Et ainsi de suite.
En cela, accroitre mon amplitude de mouvements revient à accroitre mon amplitude existentielle.

Toute chose a un envers, et tout être a une ombre. Rien ni personne n’est parfait. Vivant, nous sommes nécessairement en mouvement, pris dans le cycle des transformations qui implique la mort et la renaissance. Gardons-nous des paradis sur terre, qui ne laissent pas un espace au creux, à l’obscurité et au doute. Dans toute obscurité, un trésor peut se tapir. La danse est un chemin de lucidité, parce qu’elle s’ancre dans les sensations physique, qui sont bien plus sincères que nos élucubrations mentales. C’est dans l’espace intermédiaire, entre les mondes, qu’on peut capter des petits morceaux de vérité. Sachons les emporter avec nous, tels des talismans, dans la grande danse du réel.

Tantôt je me trouve en dessous de tout, tantôt je me trouve formidable, tel est le cycle de la vie ! Les moments de réussites et de galères se succèdent. Avec le temps, j’apprend à moins prendre les choses pour moi, à moins me laisser définir par le cours des évènements et le jeu de la vie, que par ma sensation interne. Quelqu’un a prononcé un jour ce mot d’humilité, et j’ai senti soudain que je prenais ma vraie taille intérieure : ni en dessous, ni en dessous. Etre humble, ce n’est pas s’humilier, c’est connaître ma valeur, mes forces et mes faiblesses, et faire avec. L’humilité, c’est avoir les pieds sur terre, et savoir que je suis fait de cette terre. Le terme vient de Adama, qui signifie « le terreux ». Il nous a donné les mots humus, humain et…humour ! L’humilité me permet de connaître la place que je peux prendre dans le monde. Elle est aussi ce qui me permet de laisser la place à l’autre, de le respecter et ainsi de le rencontrer.

Il suffit parfois d’un rêve pour changer sa vie. Le monde du rêve est le même que celui des mythes, des contes et des fables ; un univers d’affects, de symboles et de représentations qui vient traduire ce qu’il existe de plus profond dans le grand Nous de l’espèce, et peut être du vivant. C’est pour cela qu’il me faut prendre au sérieux mes rêves, les écouter et leur donner leur place. Mais le rêve peut se faire idéal, et l’idéal peut se faire idéologie. Dès lors, le rêve n’est plus un aqueduc qui vient abreuver le réel. Certain de se suffire à lui-même, il devient une île. Et nous nous félicitons d’être là, de changer le monde, de détenir la vérité. Je nous souhaite de conserver un pied dans le rêve, et un pied dans le réel. Pour être à pied joint dans la Vie !

Il suffit parfois de se taire, et de laisser un silence s’installer. C’est dans les creux que naissant les idées & les sentiments. C’est dans l’absence que l’autre apparaît. Quant il m’échappe, il y a de l’espace pour désirer sa présence, pour rêver à lui. L’immobilité m’ouvre aux murmures du monde, et m’y offre une place.

La vie est bien imprévisible. Etrange succession d’évènements, de cycle en tout genre. Parfois, tout est lent et le monde stagne. Parfois il change à toute vitesse au point que la mémoire peine à inscrire sa course dans notre esprit. Il s’agit alors de se faire bondissant, pour arracher à la volée du présent quelques poussières de sens. Rolando Toro, qui a découvert la Biodanza, nous invitait à cet exercice du saut. Pour sauter avec toute ma puissance, pour m’élever dans les airs, j’ai besoin d’élan bien sur mais aussi d’une base solide. Un ancrage, par mes pieds, mes genoux, dans lequel je me dépose profondément pour m’élever. En somme, profondeur et légèreté sont indissociable. C’est cela, que nous apprend la danse de la Vie.

DANSER SOUS LA PLUIE
Une chère amie m’a récemment écrit que le sentiment à cultiver dans l’existence est la sérénité. Ce n’est pas la joie, qui peut se faire exigence, ce n’est pas le bonheur, qui n’est parfois qu’un effort mental, ce n’est pas l’enthousiasme, qui est chouette mais épuisant. La sérénité c’est ce lit paisible qui vient se tapir dans chaque recoin de l’existence. C’est la respiration profonde qui accompagne la fin de la journée, c’est la capacité d’accueillir les mauvaises nouvelles avec ce qu’il faut d’insouciance, et les bonnes avec ce qu’il faut de recul. La sérénité, c’est ce qui va me rendre disponible à un autre, prête à accueillir en moi ses paroles, ses gestes, sa présence. La sérénité, c’est la capacité de danser sous la pluie, même quand le ciel menace de tomber sur ma tête. Tant que je bouge, tant que je vis, je peux la chercher ! Quelle chance.

RALENTIR
J’avoue que je ne sais pas très bien ralentir. Il y a comme un petit cheffaillon en moi qui toujours me dirige : fais ci ! fais ça ! ce n’est pas assez ! tu paresses !
Parfois, j’arrive à le mettre en sourdine. Je lui propose de me laisser tranquille quelques heures, et j’emprunte les chemins de traverse. Avec ma petite famille, on danse dans le salon, on va flâner à la librairie, on fais des blagues avec Manon. Et la vie est belle.
Tu le mets en sourdine, toi, ton cheffaillon ?

DANSER LE SAUVAGE
Le sauvage se révèle à nous par bribe, de façon inattendue. Le sauvage est ce qui se dérobe, qui nous échappe, qui surgit puis repars dans l’inconnu, loin, loin de de nous. Pour le rencontrer, je danse longtemps. Suffisamment longtemps pour que l’oubli s’invite dans mon mouvement, que je perde temporairement contact avec la réalité quotidienne, l’heure qu’il est, ma liste de course…ça s’appelle la transe. Et dans cette transe, quelque chose de sauvage peut émerger. Notre proposition est de le danser, de se reposer dedans, et puis de revenir tranquillement à soi, à la réalité quotidienne, à l’heure qu’il est et à sa liste de course.

10/30
SE DEVOILER
La rencontre est un dévoilement. Au début, je ne suis qu’un étranger pour toi, pour elle, pour eux. La distance m’apporte une certaine sécurité et surtout elle me laisse le choix de m’approcher ou de rester à distance. La danse est une manière ludique de se rencontrer, mais pas seulement. Elle est aussi un langage du vivant qui nous offre une infini palette pour faire connaissance : avec ordre ou chaos, dans le jeu ou dans la profondeur, dans le mimétisme ou dans l’opposition. Peu importe la voie que nous suivons, elle laisse toujours la place à un dévoilement, et c’est heureux.

LES YEUX GRANDS OUVERTS
Le monde est vaste et complexe. Exister est mystérieux. Appartenir à l’humanité, à une époque et à une histoire n’est pas une chose qui m’est donnée. Pour prendre place dans la toile du vivant, il est nécessaire de s’approprier quelque chose d’elle; c’est à dire de la prendre en dedans de soi. Embrasser l’humanité, c’est voir en face ses pires aspects comme ses meilleurs, et accepter d’en faire partie. Accepter qu’en moi cohabitent l’ombre et la lumière. Que je peux me tromper, m’embarquer sur des chemins qui ne sont pas les miens, être vulnérable à l’idéalisation et ses idéologies. L’insupportable et l’extraordinaire font partie de moi, et je danse avec chaque jour, les yeux grands ouverts.

REVENIR A SOI
Fermer les yeux, c’est plonger dans son monde intérieur. Qu’est-ce qu’il y a l’intérieur de moi ? La réponse dépend de chacun. Parfois, dans le mouvement sensible, dans la respiration, je peux y trouver un trésor. Ou encore, un lieu de repos. Une femme me confiait qu’en entrant à l’intérieur d’elle-même, elle trouvait une cathédrale. Moi, c’est une yourte, avec un feu qui brûle en son centre. Je m’y ressource, dans la sérénité de mon royaume intérieur. Mais même ainsi, je ne suis jamais seule. Non seulement mon âme est peuplée de toutes les empreintes de mes rencontres, de mes descendants. Mais aussi, concrètement, le contact physique avec l’autre, dans l’écoute et la sensibilité, peut accompagner cette plonger intérieure. Je me trouve parce que tu m’as trouvé. Tu assures ma descente en rappel dans les profondeur de ce mon humanité. Et tu me permets d’en revenir, regénéré.

PREMIER PAS
Le premier pas est toujours le plus sensible. C’est celui de l’inconnu, du risque, du nouveau. Celui où l’on fait un pari, qui ne sera peut être jamais tenu. Mais peut importe le résultat, faire le premier pas c’est déjà beaucoup. C’est déjà tellement, que de s’aventurer au dehors, sans écran et sans obligation, pour partager un moment avec d’autres. C’est déjà tellement de rencontrer une activité nouvelle, de s’ouvrir à un ailleurs. Quoi qu’il arrive par la suite, j’ai fais le premier pas, et de cela je suis fière. Le feras-tu ?

AGIR DANS LE MONDE
Je suis un être singulier, avec ses aspirations, ses désirs et ses rêves. A partir de mes élans et des invitations du réel, j’agis. A partir de ce qui pulse en moi, je fais un premier pas, puis un second, puis des milliers. Cette capacité d’action prend sa source dans ma sensibilité, dans ma disponibilité à écouter ce qui se passe en dedans. De là, je peux entrer dans un agir fécond, dans un mouvement plein de sens, dans la danse de la Vie.

RECONNAISSANCE
Nous n’avons pas besoin d’être d’accord, ni même d’être ami, pour danser ensemble. Pour danser ensemble, nous avons besoin de nous reconnaître, mutuellement. Quand j’accepte ta présence, quand je te regarde, quand je m’adresse à toi, je te reconnais comme semblable. Le semblable, c’est celui en qui je reconnais suffisamment d’humanité, pour considérer qu’il est comme moi. Ca ne veut pas dire que c’est le même ! Ca signifie simplement que la base qui nous relie est d’une amplitude telle que nos pas peuvent se relier, nos mains se prendre, nos rythmes s’accorder.

FAIRE ENSEMBLE
J’adore surfer sur internet, trainer sur le canapé, lire des bouquins et des revues, discuter longuement et refaire monde. Mais j’ai aussi vitalement besoin de faire, grâce à ce corps fantastiquement capable de mouvement que la vie m’a offert . Nous sommes des êtres singuliers et pourtant semblable. Et quand nous nous réunissons, quelque chose se passe. Nous devenons plus que la somme de nos individualités ! Nous devenons un groupe. Et dans ce groupe, les forces de vie s’invitent et s’intensifient. De quoi s’offrir du kiff, du partage, de la profondeur et de la légèreté !

PRENDRE PLACE
Souvent, dans la vie, je cherche ma place. Qui suis-je, où vais-je, et pourquoi ? Dans un rapport vivant au monde, les cycles de l’appartenances et de l’errances de succèdent. Le monde est incertain, il change, et moi je change avec. Ce que peut m’apporter la danse c’est cette aptitude à pulser entre l’être ensemble, et l’être singulier que je suis. Une attention conjointe, un dialogue soutenu, entre ma propre place, ma place dans le groupe, ma place dans le monde. Je crois qu’il est nécessaire, quelque sois la forme que cela prend, à chacune et chacun d’avoir des espaces de retrouvailles, des rituels, des chemins de rencontre qui nous apportent de la contenance et de la liberté. Créons-les ensemble !

IL SUFFIT DE PEU
Parfois, il suffit d’un petit rien. Une musique entraînante, un contact des mains, un geste à répéter ensemble…et ça s’ouvre. J’ai simplement à être là, comme je suis et à participer. Pas obligé de kiffer à tout prix. Pas obligé d’être ceci ou cela. Simplement, me rendre disponible à ce qui advient. Et souvent, c’est chouette. Comme dans la vie, où parfois les nuages s’accumulent sur ma tête pleine de soucis : une odeur de pain chaud, une blague de ma chérie, un tada de bébé, ou encore une tartine de fromage, peuvent suffire, si j’y suis disponible, à faire revenir le soleil, au moins quelques minutes. Et souvent, c’est chouette.

LA VIE EST MOUVEMENT
Tout bouge, tout change, tout évolue constamment. Et même quand j’ai l’impression d’être à l’arrêt…la vie pulse quelque part en moi : mon cœur bat, mon sang circule, mes neurones s’activent, mes cellules dansent. Dans l’apprentissage, il arrive généralement qu’après une petite pause, un nuit de sommeil ou une récréation, je me rende compte que j’ai progressé ! Tout ce que je fais viens s’inscrire en moi, et par la magie du temps qui passe, vient pousser, croître et fleurir. Mon véritable ouvrage est celui de faire confiance à mes élans, de leur laisser la possibilité de s’exprimer et d’accueillir que tout est cycle, temporalité, et mouvement. Il n’y a bien souvient qu’à se mettre en marche…
